Comme je l'avais déjà évoqué dans un précédent article, je me pose de plus en plus de questions sur mon boulot actuel...

Depuis que je travaille dans cette boîte (bientôt 9 ans...) j'ai toujours fait du mieux que je pouvais mais depuis quelques années (au moins 5 ans), j'ai l'impression que tous les efforts que je fournis ne suffisent plus, que selon eux, je leur coûte trop cher....Et les semaines en dents de scie du Jean qui rit un jour et Jean qui pleure un autre jour font désormais partie de mon quotidien. Je me dis que j'ai quand même de la chance d'avoir un CDI et tous les avantages qui en découlent mais il y a des jours où j'ai envie de tout plaquer tellement j'ai l'impression de ne pas voir le bout du tunnel...

J'ai l'impression que ça a vraiment empiré, il y a un peu plus d'un an, qu'on m'a donné une nouvelle mission qui ne me correspond pas du tout ou qui aurait pu si on m'avait aidée comme on me l'avait promis au tout début. Mais dans le fond, je le savais déjà, ce n'était que de belles paroles. Je me retrouve donc dans un engrenage qui m'échappe car forcément on m'en rajoute encore et encore, sans se soucier si je suis en capacité de l'assumer. J'essaie de jongler avec toutes les casquettes que j'ai sur la tête mais toujours le même refrain : ce qui les intéresse c'est la rentabilité et pour le moment j'en suis pas là alors on charge la mule...

Lors du dernier point objectif (comme tous les mois finalement) on me fait bien comprendre ou plutôt sous-entendre sans forcément dire les mots que je suis le boulet de service, que mon chiffre (pas du tout proportionnel à ma charge de travail) ne justifie pas qu'on puisse embaucher une tierce personne pour soulager la surcharge de mes collègues (bah oui : moi je me glande pendant que les autres rament - Prends-toi ça en pleine face...).

Et quand on te rapporte qu'on a parlé de ton cas en utilisant les termes suivants : "Il faut sauver le Soldat Sallia " : dois-je le prendre dans le bon sens ? Venant de la bouche de la personne qui l'a prononcé, j'en doute mais ça c'est une autre histoire.

Mon rôle de Maman m'oblige à quitter le boulot pour récupérer mes filles à l'école à 18h. En compensation, j'arrive souvent le matin à 7h30 et m'octroie une pause déjeuner de 30 minutes quand je suis au bureau. C'est sûr je pourrais prendre des dossiers pour les travailler le soir à la maison et rattrapper tout le retard que j'ai cumulé ces dernières semaines mais pour l'avoir fait dans mon précédent emploi, je me suis bien rendu compte que j'allais plutôt entrer dans un cercle vicieux du "tu donnes un doigt et on te prend tout le bras". Mais mon côté "je veux bien faire", ma conscience professionnelle me joue parfois des tours et me fait culpabiliser de quitter avant les autres...Quand on y regarde au final, je dois faire +/- 40h par semaine donc autant que les autres mais j'ai du mal à m'en convaincre...Si bien que parfois je n'en dors pas la nuit tellement je ressasse et ressasse tout ce que je dois faire...

Résultat des courses, je trainais une fatigue de plus en plus pesante, de plus en plus grande aussi. Je me rendais bien compte que je devenais un danger pour moi-même mais aussi pour les autres quand je sentais que je somnolais sur l'autoroute, à avoir des moments d'absence...

Mon collègue de bureau voit bien que j'ai du mal à sortir la tête de l'eau et essaie de m'aider dès qu'il peut. Il m'a même conseillé de me mettre en arrêt mais j'ai refusé me disant que c'est reculé pour mieux sauter, que ça ne changera pas le chilmblic, et j'aurai encore plus de travail à mon retour. Bref, j'ai pris sur moi comme à chaque fois me voilant la face sans doute.

Et puis, les vacances arrivaient, plus que trois semaines à tenir, puis deux, puis une...Et le jour du grand départ, quand ton chef t'aboie dessus alors qu'il n'a jamais pris le temps de te montrer comment réaliser la mission, tu te demandes ce que tu fais là et les larmes te montent aux yeux...j'aurai pu rentrer chez moi, après tout, c'étaient les vacances pour moi, mais j'ai voulu envoyer mes derniers rapports en cours, histoire d'avoir une pseudo bonne conscience.

Nous sommes partis 2 semaines en vacances où j'étais sensée tout oublier du travail, faire un bon break mais par moment, un peu trop souvent même des choses me faisaient penser au boulot. J'y pensais aussi en m'endormant à ma pile de dossiers qui m'attendaient sur mon bureau, à tout ce que je n'ai pas pu faire avant de partir...Bref, des vacances reposantes mais pas à 100%...

Et puis j'ai passé une semaine à la maison avant la reprise où les noeuds à l'estomac commençaient à revenir insidieusement.

Et ça n'a pas loupé, le jour de la rentrée, je me levais de nouveau aux aurores. Je me suis octroyée une reprise en douceur en allant voir mon médecin pour un certificat médical en vue du sport prochain. Je lui ai évoqué que ce n'était pas la grande forme quand même et je suis allée au bureau sans conviction.

Et bim en voyant mon bureau qui avait récupéré de nouveaux dossiers et les mots de mon chef à droite à gauche, "fais-ci fais-ça", "pourquoi tu as fait ça comme ci ?" sans oublier les mails "pour action" "à gérer" etc...j'ai bien cru que j'allais faire demi-tour et rentrer chez moi ! J'ai soufflé un bon coup et je me suis remise à bosser, à gérer mes RDV, à avancer dans la rédaction de mes rapports...et comme si tout ce que j'avais à faire n'était pas suffisant, je découvre au fur et à mesure que je récupère de nouvelles affaires...

Et voilà que de nouveau j'ai du mal à m'endormir mais je me réveille toujours à 5h du matin. J'ai des cernes digne d'un panda et je suis au bord de la crise de nerf...Courage, c'est bientôt le WE ! Et la veille, après un sommeil difficile, le ventre noué dans tous les sens, je n'ai pas très très faim mais je petit-déjeune quand même. Au moment de partir, je suis prise de spasme et finis par vomir le peu que j'ai pu avaler. ça a été le déclic, je retourne chez le doc. J'ai failli rebrousser chemin et aller travailler.

J'ai entendu mon nom dans la salle d'attente...

Je lui explique que la reprise a été plus dure que prévue, que finalement ça fait quelques semaines que ça dure, que même mes 3 semaines de vacances ne m'ont pas aidé à totalement décrocher. Bref, que je n'en pouvais plus, des larmes ont commencé à perler sur mon visage...

Vu mon état, il a préféré me prescrire un arrêt d'une semaine et un anti-dépresseur pour me calmer et m'aider à mieux dormir la nuit. Il a insisté sur le fait de ne surtout pas hésiter à renouveller l'arrêt si je ne me sens pas prête à reprendre le boulot. Il m'a aussi donné une lettre pour aller voir une psychologue du travail.

Je l'ai appelé cette psy. Répondeur. Je réessayerai un autre jour...

J'ai avalé mon premier demi-comprimé hier. Je me suis rapidement endormie et d'une traite mais me sens toujours aussi fatiguée.

 

Burn-out ou pas, en tout cas, je prends conscience que ça y ressemble...